Aurélie Schoenfelder - Énergéticienne - Thérapeute psycho-corporelle - Danse-thérapeute

L’inconscient et ses effets sur notre vie : quand le non-dit dirige le geste

Tout au long de notre vie, un singulier phénomène peut se déployer : nous revivons, sous des formes variées et à plusieurs occasions, des scénarios dont nous croyons nous être éloignés, et pourtant, ils réapparaissent. Ces scénarios, ses « schémas de répétitions » sont souvent l’écho d’expériences vécues dans la petite enfance, des blessures, des manques, des interdits, des émotions non formulées. Ils se manifestent comme des « boucles inconscientes » : nous rejouons ce qui n’a pas été dit, vécu ou intégré, dans l’espoir, souvent non conscient, d’en changer l’issue.

Le poids de l’inconscient

L’inconscient peut être pensé comme cette vaste zone de notre psyché où résident des mémoires, des ressentis, des croyances primaires, des affects précoces, des formes de relation à soi ou aux autres que nous n’avons pas eu la possibilité de symboliser, de nommer ou de vivre pleinement. Les approches psychodynamiques nous rappellent que ce qui est non-conscient continue d’influencer fortement nos comportements, nos décisions, nos réactions. Ainsi, selon l’approche psychodynamique : « les processus inconscients et les conflits non résolus du passé influencent nos comportements ».

Dans ce cadre, la notion de compulsion de répétition introduite par Sigmund Freud est centrale : il désignait cette tendance à répéter inconsciemment des événements ou des scénarios de vie, souvent douloureux, parce qu’ils n’ont pas été « travaillés » ou symbolisés.

Freud écrivait que « le patient ne peut pas se souvenir de tout ce qui est refoulé, et il se voit contraint de répéter le matériel refoulé comme une expérience contemporaine plutôt que de le rappeler comme quelque chose appartenant au passé »

Cette répétition ne se manifeste pas seulement comme un simple « mauvais choix », mais comme un signal du corps-psyché : « Pourquoi est-ce que je choisis encore et encore ce même type de relation, ce même type de conflit, cette même blessure ? »

Freud disait que l’inconscient représente environ 80 à 90 % de notre psyché. Ce qui signifie que la majorité de nos comportements et émotions sont influencés par des mémoires ou des affects dont nous n’avons pas conscience.

Pourquoi ces répétitions ?

Plusieurs dynamiques peuvent être mises en jeu :

L’impact dans la vie quotidienne

Lorsque ces processus inconscients ne sont pas mis à jour, la personne peut vivre :

  • un sentiment de « déjà-vu », de répétition des mêmes dynamiques relationnelles par exemple, avoir toujours un partenaire « abandonnique », ou toujours un type de conflit familial similaire

  • un sentiment de ne pas comprendre pourquoi elle agit « contre elle-même » ou pourquoi le même scénario revient ;

  • des comportements automatiques, des réactions émotionnelles disproportionnées ou incompréhensibles, un corps qui « réagit avant que je pense ». Des troubles psycho-somatiques, des maladies, des douleurs chroniques… La répétition compulsionnelle est bien décrite comme une « mise en acte » lorsque la mémoire symbolique n’a pas pu faire son travail. 

Le rôle de la créativité et du corps-mouvement 

Le travail thérapeutique, en lien avec le corps et la créativité vient permettre à ces contenus enfouis de remonter sous une forme symbolique et sensible, pour qu’ils cessent de diriger nos vies depuis l’inconscient.

En effet, dans mon approche psycho-corporelle, ma pratique d’art-thérapie et de danse-thérapie, l’un des axes puissants est de favoriser l’émergence de ce qui reste inconscient, invisible, non-dit. Le mouvement, le corps, le geste, le dessin, la couleur, la matière : tous offrent un support pour que « ce qui ne peut se dire autrement » puisse prendre forme, et ensuite puisse être transformer.

Jung affirmait que « jusqu’à ce que l’inconscient soit rendu conscient, il dirige notre vie et nous l’appelons destin »

Dans les travaux récents d’art-thérapie jungiens, l’art est considéré comme une voie privilégiée de contact avec l’inconscient : « l’acte de création spontané d’images aide à puiser dans l’inconscient et à favoriser la guérison».

De façon plus concrète, cela peut prendre la forme d’un dessin libre, d’un temps d’écriture spontané, d’un mouvement improvisé, d’un corps qui se laisse « aller » dans un rythme ou un espace, le tout guidé par l’idée de donner « forme à l’informe », soutenu par le thérapeute pour « mettre ce qui est muet en résonance ».

L’approche psycho-corporelle, l’art-thérapie et la danse-thérapie fonctionnent alors comme des « traducteurs » entre les mondes intérieur et extérieur, entre l’inconscient et le conscient, entre la mémoire psychique et la mémoire corporelle. Ce sont des espaces transitionnels d’émergence symbolique.

Pourquoi ce travail est-il si important ?

Parce que tant que l’inconscient dirige notre vie « dans l’ombre », nous sommes moins libres : nous réagissons, plutôt que nous choisissons.

Parce que faire émerger ces contenus permet de les relier à notre conscience, de leur donner une forme, une histoire, une symbolisation, ce qui réduit leur pouvoir automatique sur notre vie.

Parce que cette mise en conscience ouvre à la transformation : non plus être « pris » par la boucle, mais devenir l’auteur de ses choix, même si la « matière psychique » est ancienne.

Parce que, dans un cadre thérapeutique, la créativité et le corps offrent une voie complémentaire (et parfois plus accessible) à la parole seule, particulièrement pertinent pour les enfants, les adolescents, ou les personnes pour qui le verbal est difficile, ou les troubles psychiques ou corporels sont bien présents.

En résumé

L’inconscient est immense : ce champ qui travaille pour nous, souvent à notre insu, et organise des répétitions qui, à l’origine, tentaient de solutionner ce qui ne l’était pas. Lorsque ces répétitions prolongent la souffrance, elles deviennent une invitation à la « mise en lumière ». L’art-thérapie, la danse-thérapie et le travail psychocorporel donnent des formes, des gestes, des images à ce qui restait informe. Ils offrent un pont entre l’invisible et le visible, entre le passé non digéré et le présent capable de nouveauté.

En tant qu’accompagnante, je vous encourage et vous soutien dans ce mouvement. J’observe non seulement ce que la personne « fait », mais aussi ce que le corps « dit », ce que l’image « propose », ce que le geste « révèle ». Je porte l’attention sur la symbolique, sur la métaphore, sur la mythologie intérieure, tout en restant ancrée dans le respect, la prudence, le rythme de la personne. 

Lors de mes accompagnements, lorsque cela touche des schémas de répétitions pouvant trouver des origines dans les antécédents familiaux, le transgénérationnel, je propose des séances de psycho-généalogie, où l’arbre généalogique commenté et réalisé spontanément devient un support à la prise de conscience.

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